Crois-tu que je n'avais jamais surpris ton regard sur elle ?
Crois-tu que je puisse être aussi aveugle ?
Mais mon amour ça crève les yeux. Ton amour crève les yeux.
Je t'aurais aimé tu sais ? Je t'aurais tout donné, tout offert.
Avant c'était bien, avant c'était bon, quand ton sourire était le mien, quand ton rire était le mien, quand nous marchions ensemble vers la même direction. Tu étais tout ce que j'avais toujours désiré, tu étais le soleil, tu irradiais ma vie, tu l'incendiais de ta chaleur. Je venais des abysses, des bas-fonds de l'humanité, et puis tu me regardais, et je me retrouvais au paradis. Et tu riais. Et je t'aimais.
Dés l'instant où tu l'as vu s'en était fini de mon bonheur, s'en étais fini de mon paradis. Dés l'instant où tu l'as vue, c'est moi que tu n'as plus jamais regardé.
Tu m'as épousé s'en plus m'aimer. Nous sommes restés ici pour qui tu puisses vivre auprès d'elle. Et je suis resté seule, témoin malheureuse et impuissante face à toi et ton amour perdu.
Je t'ai regardé l'aimer, je t'ai regardé souffrir, mourir d'amour pour elle en faisant semblant de ne rien voir. Je suis restée misérable et lâche et je t'ai laissé endurer seul la souffrance de l'amour, de l'amour noir, de l'amour sourd et sombre, celui qui t'emporte peu à peu et te laisses crever. Celui que je ressentais pour toi.
Et alors ton sourire n'étais plus le mien, ton rire n'étais plus le mien, et alors nous ne marchions plus ensemble vers la même direction...
Je pleure. Tout mon corps pleure. Sauf mes yeux. Mon c½ur saigne. Et ta voix me parvint à travers la porte, je voudrais n'avoir rien entendue, je voudrais tout oublier. Je voudrais que tu ne l'ais jamais aimé et que ma vie ici n'est été qu'un mauvais rêve. Mais ta voix résonne encore à mes oreilles, elle siffle dans l'air. Ta voix résonne comme la lame tranchante de la potence.
« Mais moi non plus je n'y peux rien... Je t'aime. C'est comme ça. »
Et ta voix résonne, encore et encore, dans mon c½ur qui n'existe plus...

